La fainéantise mène à tout, à condition d’en sortir. Thibaut Gilquin et Hélène Hoyois étaient étudiants en architecture d’intérieur et design pour l’un et en graphisme et art numérique pour l’autre quand un soir, épuisés, alors qu’ils n’avaient qu’à tendre le bras depuis leur fauteuil pour déposer leur assiette sur le bar, ils ont inventé le concept « Tout se mange, rien ne se perd » qui fait d’eux aujourd’hui les Lavoisier de l’alimentation avec des verrines… mangeables. Leur start-up vient d’être récompensée ce mardi soir d’un « Axis d’Or » à l’occasion du Jobs 2014 organisé, à la demande de la Province du Brabant wallon par l’Union des Classes moyennes, avec l’aide du Forem du Brabant wallon et de l’Axisparc.

« Plutôt que de travailler le fer ou le bois, j’ai proposé la pomme de terre, pour démontrer qu’il n’y a pas que la frite ! », sourit Thibaut Gilquin, 26 ans aujourd’hui. Et avec sa compagne Hélène Hoyois, 24 ans, ils ont mis au point une assiette normale à manger : « Il y avait alors quelques problèmes de fuite… »

Les deux jeunes, originaires de Mons, avaient presque oublié leur idée puisqu’ils ont essayé de trouver du travail dans leur domaine respectif : « C’était l’époque où nous aimions fréquenter les expositions et aller au restaurant alors que nous n’avions pas un sou ! Un soir, lors d’un vernissage, on a constaté le nombre de verrines qu’il fallait jeter et l’idée nous a pris de reprendre notre idée pour en faire des verrines mangeables, en une ou deux bouchées maximums. »

Ils ont repris leurs travaux et, en plus de la pomme de terre et de l’eau, ils ont rajouté une couche de beurre de cacao pour rendre le tout imperméable : « Do Eat était née. On peut mettre du sucré, du salé, la verrine n’a pas de goût. Elle relève même celui d’une tomate fade par exemple. On peut la comparer à une hostie, à laisser fondre dans la bouche. »

Restait à commercialiser l’idée. Le couple a fait confiance à Nest-Up, le programme d’accélérateur de start-up, grâce à qui, à Mont-Saint-Guibert, pendant trois mois, ils ont pu démontrer que leur idée valait le coup d’être exploitée. Ils ont reçu 40.000 euros de la bourse Boost-Up pour lancer la fabrication via un atelier protégé de Tertre et imaginer le packaging. Leur produit est sorti en juillet 2013 et a déjà été vendu à 125.000 exemplaires, dont 75.000 en France : « Nous nous sommes présentés à un salon à Paris et depuis, c’est le succès. On a même reçu 25.000 euros de «101projets», la bourse aux idées de Paris, tandis que le «Lean Fund» a pris pour 60.000 euros de participation dans notre société. On a ainsi pu engager deux personnes à mi-temps et on commence à vivre de notre idée. Notre objectif est à présent de trouver de nouveaux modèles à commercialiser… » et à manger !

Source : LeSoir.be

Trois récompenses

À l’occasion de ce Jobs 2014, qui aura accueilli 3.000 personnes en recherche d’un emploi, en passant devant 40 recruteurs et 10 accompagnateurs à la création d’entreprises, trois « Axis d’Or » auront été remis.

GSK a reçu le premier pour avoir engagé 900 personnes au cours de l’année écoulée.

IBA s’est vu féliciter pour avoir proposé l’engagement de 25 collaborateurs au cours de ce salon.

Do Eat a été récompensée car cette jeune start-up a permis, en se développant, de conforter l’emploi direct de quinze personnes.